Frise chronologique
1267
Installation des Grands Carmes
Installation des Grands Carmes
1267 (≈ 1267)
Début de la construction du couvent.
1320
Reconstruction par Jean XXII
Reconstruction par Jean XXII
1320 (≈ 1320)
Travaux initiés, prolongés sous Clément VI.
10 avril 1520
Consécration de l'église
Consécration de l'église
10 avril 1520 (≈ 1520)
Fin des travaux médiévaux.
20 mai 1672
Effondrement partiel
Effondrement partiel
20 mai 1672 (≈ 1672)
Seuls façade, chœur et chapelles restent debout.
9 juillet 1678
Bénédiction après reconstruction
Bénédiction après reconstruction
9 juillet 1678 (≈ 1678)
Fin des travaux post-effondrement.
1791
Expulsion des Grands Carmes
Expulsion des Grands Carmes
1791 (≈ 1791)
L’église devient un lieu public.
1803
Réaffectation paroissiale
Réaffectation paroissiale
1803 (≈ 1803)
Transfert du vocable Saint-Symphorien.
8 juin 1928
Classement du cloître (15 travées)
Classement du cloître (15 travées)
8 juin 1928 (≈ 1928)
Première protection monument historique.
7 novembre 1932
Inscription de l'église
Inscription de l'église
7 novembre 1932 (≈ 1932)
Protection officielle du bâtiment.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Partie du cloître : quinze travées situées entre l'église Saint Symphorien et en bordure de la place des Carmes : classement par arrêté du 8 juin 1928 ; Partie de l'ancien cloître comprenant huit travées : classement par décret du 11 décembre 1928 ; Eglise des Carmes, actuellement église paroissiale Saint-Symphorien : inscription par arrêté du 7 novembre 1932
Personnages clés
| Jean XXII - Pape (1316–1334) |
Initiateur de la reconstruction en 1320. |
| Clément VI - Pape (1342–1352) |
Poursuivit le financement des travaux. |
| Louis-François de la Valfenière - Architecte présumé |
Dirigea la reconstruction post-1672. |
| Antoine Subiet - Évêque de Montpellier (1572) |
Ancien enfant de chœur, créa une fondation. |
| Charles IX - Roi de France (1560–1574) |
Nomma Subiet évêque de Montpellier. |
Origine et histoire
L'église Saint-Symphorien-les-Carmes d'Avignon, initialement conventuelle puis paroissiale, fut construite hors des remparts de la ville par les Grands Carmes dès 1267. Une reconstruction majeure fut initiée en 1320 sous Jean XXII, mais les travaux se prolongèrent jusqu’à la consécration définitive de l’édifice le 10 avril 1520. À cette époque, elle figurait parmi les plus vastes églises de la cité, reflétant l’importance de l’ordre mendiant dans la région.
Un effondrement catastrophique survenu le 20 mai 1672 ne laissa debout que la façade, le chœur et les chapelles latérales. La reconstruction, dirigée probablement par Louis-François de la Valfenière, s’acheva en 1678, donnant à l’intérieur son aspect actuel, caractérisé par des pilastres doriques et des arcades en plein cintre. La charpente apparente fut finalement voûtée en brique en 1836, après des décennies de précarité financière.
La Révolution française marqua un tournant : les Grands Carmes furent chassés en 1791, et l’église devint un lieu de réunions publiques, puis le siège du Club des Jacobins avignonnais. En 1803, elle fut réaffectée comme église paroissiale, héritant du vocable de l’ancienne église Saint-Symphorien, détruite. Ce transfert préserva des éléments historiques, comme la fondation pour les enfants de chœur créée par Antoine Subiet, ancien enfant de chœur devenu évêque de Montpellier sous Charles IX.
Le monument fut partiellement protégé au XXe siècle : quinze travées du cloître furent classées en 1928, suivies de huit autres, tandis que l’église elle-même fut inscrite en 1932. Son architecture, typique du gothique méridional, se distingue par une nef large et lumineuse, bordée de 17 chapelles latérales non communicantes. La façade, sobre, reflète l’austérité des ordres mendiants, avec une rosace modeste et une porte en tiers-point.
Aujourd’hui, l’église Saint-Symphorien-les-Carmes témoigne des transformations architecturales et politiques d’Avignon, depuis son rôle conventuel médiéval jusqu’à sa fonction paroissiale contemporaine. Son cloître partiel et sa nef, marquée par les campagnes de reconstruction, en font un exemple significatif du patrimoine religieux provençal.